La qualification du Maroc pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, obtenue face aux Pays-Bas, continue de susciter de nombreuses réactions. Si la performance sportive des Lions de l’Atlas a été largement saluée, une vidéo diffusée après la rencontre a rapidement déplacé le débat sur le terrain culturel.
En quelques heures, les images montrant les joueurs marocains célébrant leur qualification dans les vestiaires sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Visionnée des millions de fois, la séquence a d’abord été publiée sur les plateformes officielles de la sélection marocaine avant d’être largement relayée par plusieurs médias internationaux, dont Al Jazeera.
Au cœur de cette vidéo figure la chanson « Mabrouk Alina », interprétée par les joueurs durant les festivités. Pour de nombreux internautes algériens, la diffusion de cette œuvre sans mention de son auteur ni de son origine a ravivé une controverse qui dure depuis plusieurs années.
Considérée comme l’une des chansons les plus emblématiques du regretté artiste algérien Rabah Driassa, cette œuvre est au centre d’un débat récurrent sur la reconnaissance et la préservation du patrimoine culturel algérien. Plusieurs internautes estiment que l’absence de référence à son créateur dans les publications accompagnant la vidéo contribue à effacer son origine et son histoire.
Cette polémique n’est pas nouvelle. Lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le chanteur marocain Rachid Berriah avait déjà interprété cette même chanson, provoquant une vive réaction de la famille de Rabah Driassa.
À l’époque, Abdou Driassa, fils de l’artiste disparu, avait dénoncé une utilisation de l’œuvre sans autorisation. Il avait également annoncé avoir engagé des démarches auprès de l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA) ainsi que de la SACEM afin de défendre les droits liés au patrimoine artistique de son père.
La viralité de cette nouvelle vidéo remet aujourd’hui cette affaire sur le devant de la scène et relance les interrogations autour de la reconnaissance des œuvres musicales et du respect des droits de leurs créateurs. Au-delà de l’aspect sportif, cette controverse rappelle que les questions liées au patrimoine culturel et à la propriété intellectuelle demeurent particulièrement sensibles, notamment lorsqu’elles concernent des œuvres profondément ancrées dans la mémoire collective.


