Restaurant Barberousse 1947 : une adresse qui raconte l’histoire d’Alger

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À Alger, il existe des adresses qui ne se résument pas à leur cuisine. Avec les années, elles deviennent des lieux de mémoire, des endroits où se croisent les générations et où les histoires personnelles finissent par rejoindre celle de la ville. Le Restaurant Barberousse 1947 est de ces établissements. Installé Rampe de la Pêcherie, à proximité de la Place des Martyrs et de la Casbah, il évolue dans l’un des secteurs les plus chargés d’histoire de la capitale.

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On peut y accéder par la Pêcherie ou depuis la Place des Martyrs. Ici, le décor suffit déjà à rappeler un autre Alger : celui du port, de la Casbah, des anciens commerces, des pêcheurs et de cette vie populaire qui a façonné l’identité du centre historique. C’est aussi ce qui donne au restaurant une atmosphère particulière. On n’y vient pas seulement pour manger, mais aussi pour retrouver une partie de l’Alger d’hier.

L’histoire de cette adresse commence en 1947, lorsque Ali, dit Alaoua, alors âgé de seulement 24 ans, acquiert le restaurant. Ce jeune homme va être à l’origine d’une aventure familiale qui se poursuit encore aujourd’hui.

Mais son parcours ne se limite pas à la restauration. Durant la guerre d’Algérie, Ali confie la gestion du restaurant à un gérant. Selon le récit transmis par sa famille, il possède également un bateau de pêche et participe, dans le cadre de son engagement comme moudjahid, au transport d’armes depuis la Tunisie.

C’est donc aussi à cet homme qu’il faut rendre hommage lorsque l’on raconte l’histoire du Restaurant Barberousse 1947. Derrière l’établissement que l’on connaît aujourd’hui se trouve un homme qui a vécu une période décisive de l’histoire de l’Algérie et qui a laissé à sa famille bien plus qu’un commerce : un véritable héritage.

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Ali, dit Alaoua, décède en 1978, mais l’histoire qu’il avait commencée en 1947 allait continuer avec son fils.

En 1980, Moussa reprend le restaurant et en assure la continuité jusqu’en 2001. Il confie la gestion de l’établissement à son cousin Hamoud, qui était également membre dirigeant de l’USM Alger. Cette période va profondément marquer la vie du restaurant.

Les victoires de l’USMA deviennent alors l’occasion de grandes retrouvailles. Des joueurs, des dirigeants et des proches du club se retrouvent au restaurant pour partager les moments de fête. Parmi les personnalités associées à cette période figure notamment Ali Saïd, alors président de l’USMA.

À force d’accueillir les membres et les joueurs du club, l’établissement finit par être surnommé par certains habitués « le restaurant de l’USMA », ou tout simplement « chez Hamoud ».

Et l’histoire familiale ne manque pas d’ironie : Hamoud était lié à l’USMA, tandis que Moussa était un fervent supporter du MCA. Les discussions autour du football algérois faisaient donc naturellement partie de l’ambiance. Les deux clubs, leurs matchs et leurs rivalités alimentaient les conversations et donnaient parfois lieu à de véritables débats autour des tables.

Cette réputation s’est progressivement étendue au-delà du football. Hadj Adlane, Achiou, Mizayer et le regretté Djamel Keddou figurent parmi les joueurs cités comme habitués de l’établissement.

Mais le Restaurant Barberousse 1947 a également croisé le chemin de nombreuses personnalités du monde artistique et culturel. Dans les souvenirs liés à cette adresse et à son environnement figurent notamment de grandes figures du chaâbi algérien, parmi lesquelles El Hadj M’Hamed El Anka, El Hachemi Guerouabi, Rachid Ksentini et Mohamed Lankouar sont évoqués.

Des artistes, des journalistes et différentes personnalités algériennes ont ainsi fréquenté ce lieu au fil des décennies, contribuant à construire une mémoire qui dépasse largement celle d’un simple établissement de restauration.

Aujourd’hui, cette histoire se poursuit également dans les assiettes. Le Restaurant Barberousse 1947 propose une cuisine qui fait une place importante aux spécialités traditionnelles algériennes et aux produits de la mer.

Sa situation à proximité de la Pêcherie n’est évidemment pas anodine. Le poisson est acheté frais à la Pêcherie, auprès de vendeurs réputés pour la qualité de leurs produits. La sélection est particulièrement importante pour la maison : une personne spécialisée dans le choix du poisson participe à la recherche des meilleures pièces destinées à la cuisine.

Sardines grillées, poissons frais, crevettes et autres préparations de la mer côtoient ainsi une variété de plats traditionnels algériens. Cette diversité permet à chacun de trouver son bonheur selon ses envies, mais aussi selon son budget.

Car l’une des particularités de cette adresse est justement son côté accessible. On peut venir y déguster un plat traditionnel algérien sans forcément disposer d’un budget important, comme on peut choisir une spécialité de poisson ou de fruits de mer. Cette diversité contribue à faire du restaurant un lieu fréquenté par une clientèle très variée : habitués du quartier, familles, travailleurs, visiteurs de passage et touristes.

Depuis quelques années, l’adresse accueille également de nombreux visiteurs étrangers qui découvrent Alger et la Casbah. Les relations avec des guides touristiques contribuent notamment à faire connaître le restaurant auprès d’une clientèle internationale. Certains visiteurs sont ainsi orientés vers l’établissement par des guides ou par des personnes qui l’ont déjà découvert.

Cette ouverture sur l’extérieur ne change pourtant pas l’identité profonde du lieu. Le Restaurant Barberousse 1947 reste avant tout une adresse profondément liée à Alger, à sa Pêcherie, à sa Casbah et à sa mémoire populaire.

Depuis 2001, Sid Ali poursuit l’aventure familiale, après son grand-père Ali, dit Alaoua, et son père Moussa. Trois générations se sont ainsi succédé pour faire vivre cette adresse depuis son acquisition en 1947.

Près de huit décennies plus tard, le plus remarquable est peut-être cette continuité. Le restaurant a traversé les générations sans perdre le lien avec son histoire. Les visages ont changé, les habitudes aussi, mais les souvenirs restent.

Aujourd’hui, on peut pousser la porte du Restaurant Barberousse 1947 pour déguster un poisson frais de la Pêcherie, une sardine grillée, des crevettes ou un plat traditionnel algérien. Mais derrière ce repas se cache une histoire beaucoup plus grande : celle d’une famille, d’un quartier, d’une ville et d’un homme qui, à seulement 24 ans, avait décidé en 1947 de donner naissance à cette aventure.

Ali, dit Alaoua, le fondateur du restaurant et moudjahid, reste ainsi le premier chapitre de cette histoire familiale. Lui rendre hommage, c’est rappeler que derrière certaines anciennes adresses d’Alger se trouvent aussi les parcours d’hommes et de femmes dont la vie a accompagné les grandes pages de l’histoire du pays.

Restaurant Barberousse 1947 : une adresse où l’on vient manger, mais où l’on peut surtout prendre le temps de découvrir une partie de la mémoire d’Alger.

Riyad Mahrez, Ambassador of the Venus Cosmetics Brand

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