La wilaya de Djanet accueillera du 22 au 26 juin la 17e édition du Festival culturel local de la Sebeïba, un rendez-vous majeur consacré à l’un des plus précieux éléments du patrimoine culturel algérien. Organisée sous le slogan « Sebeïba, saison de l’âme et passerelle de l’ambition », cette manifestation mettra en lumière une tradition ancestrale inscrite depuis 2014 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Pendant cinq jours, la ville vibrera au rythme d’un programme riche en animations culturelles. Les visiteurs pourront assister à des spectacles folkloriques, des défilés traditionnels, des représentations d’arts populaires, des soirées poétiques ainsi qu’à des expositions mettant en valeur l’artisanat local et les métiers traditionnels du Sahara.
Bien plus qu’une simple fête, la Sebeïba représente une véritable mémoire vivante. Transmise de génération en génération, elle symbolise les valeurs de solidarité, de cohésion sociale et de respect des traditions qui caractérisent les populations du Tassili et de la région de Djanet.
L’un des temps forts de cette édition sera l’organisation d’une journée d’étude intitulée « La Sebeïba : de la mémoire vivante au défi du développement numérique », prévue le 23 juin à l’amphithéâtre de la wilaya. Chercheurs, universitaires et experts venus de différentes régions d’Algérie ainsi que de Libye débattront des enjeux liés à la préservation et à la valorisation de ce patrimoine à l’ère du numérique.
Selon les organisateurs, cette rencontre vise à renforcer la recherche autour de la Sebeïba, tout en mettant en avant sa dimension culturelle, historique et touristique. L’objectif est également d’explorer les nouvelles opportunités offertes par les outils numériques pour assurer sa transmission aux générations futures.
Afin de mieux faire connaître cette tradition auprès du grand public, le festival a également lancé une campagne de communication sur les réseaux sociaux. Plusieurs publications présentent les costumes traditionnels, les accessoires, les instruments de musique ainsi que les différentes étapes de ce rituel unique au monde.
Selon la tradition locale, les cérémonies de la Sebeïba se déroulent durant les premiers jours du mois de Muharram, premier mois du calendrier musulman. Elles mobilisent principalement les habitants des ksour d’El Mihan et de Zellouaz, qui perpétuent cette pratique depuis des siècles.
Les neuf premiers jours sont consacrés à une compétition appelée « Timoulawine », au terme de laquelle les groupes sélectionnés participent aux festivités du dixième jour. Revêtus de leurs costumes guerriers traditionnels, les danseurs exécutent alors une chorégraphie rituelle dans un espace symbolique appelé « Loghya », accompagnés de chants interprétés par les femmes.
À travers cette tradition exceptionnelle, Djanet continue de préserver l’un des plus beaux héritages du patrimoine culturel du Sahara algérien, un trésor vivant qui témoigne de la richesse et de la diversité de l’identité nationale.


